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Le décollement de la rétine

Lorsque la rétine est très fragile, ou à la suite d’un traumatisme, elle peut se déchirer et se décoller. En quelques jours ou quelques semaines, le corps vitré s’introduit par l’ouverture et peut décoller progressivement la rétine de sa membrane nourricière : c’est le décollement de la rétine. Ce décollement de la rétine touche 5000 personnes par an. Si la lésion est souvent spontanée, elle peut survenir aussi à la suite d’un traumatisme.

Une fois sur deux, la déchirure donne des signes cliniques, le sujet perçoit un éclair lumineux dans son champ de vision ou des points noirs qui témoignent d’une petite hémorragie. Dans ce cas, il faut absolument consulter un spécialiste d’urgence.

Quand l’ophtalmologiste décèle une fragilité de la rétine chez des patients à risque, il peut alors « souder » les zones fragiles au laser pour éviter que la rétine ne se décolle.

vue d’un décollement de la rétine

Mais il arrive que la déchirure ne donne aucun symptôme. C’est seulement quand la rétine commence à se décoller que la vision se modifie. Une partie du champ visuel devient noire ou grise, le plus souvent en bas, ce qui donne l’impression que la paupière remonte. A ce stade, il faut recourir à la chirurgie.

Au cours de l’intervention, le chirurgien peut utiliser une aiguille très fine pour injecter un gaz qui repousse la rétine vers la périphérie du globe oculaire. Ensuite, il a recours à la cryothérapie (sonde munie d’une extrémité glacée) pour cicatriser la déchirure. Cette intervention permet de recoller la rétine et de récupérer une bonne vision dans la majorité des cas.

Toutefois, si le décollement se poursuit, il peut atteindre le centre de la rétine appelé la macula. Les cellules visuelles y sont très nombreuses, permettant la vision fine. Elle risquent de mourir; il y a cécité si la rétine ne peut être réappliquée.

Le succès de l’opération chirurgicale dépend de la rapidité d’exécution. Quand la rétine, décollée depuis moins de quinze jours, est encore souple, le patient récupère sa qualité de vision antérieure dans 95% des cas. Si l’on intervient plus tard, les cellules de la macula risquent d’être altérées provoquant, de façon irréversible, la baisse visuelle ou la cécité.

S’informer

Les affections de l’oeil

Bien qu’affectant le même organe, le décollement de la rétine, la rétinite ou rétinopathie pigmentaire, la dégénérescence de la rétine sont des pathologies bien distinctes tant dans leur gravité, dans leur évolution que dans leurs traitements.

Vue d’un oeil sain

Dans les mécanismes de la vision, la rétine joue un rôle essentiel. Derrière l’iris et la pupille puis le cristallin se trouve la « chambre noire » de l’œil , une cavité remplie d’un gel : le corps vitré. La membrane qui tapisse entièrement celle-ci est la rétine.

Cet organe permet de fixer les images comme une pellicule dans un appareil photo, de distinguer formes, mouvements, couleurs.

Des troubles génétiques, des troubles circulatoires, certaines maladies inflammatoires, une forte myopie mais surtout l’âge favorisent la dégénérescence de la rétine.

La dégénérescence maculaire liée à l’âge – MDLA

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une affection qui débute après 50 ans et qui atteint de façon sélective la partie centrale de la rétine en détruisant les cellules qui la composent.

DMLA presymptomatique

L’affection est souvent précédée par la constitution de petites tâches jaunâtres ou « drusens » qui se trouvent disposées au centre de la rétine. Par la suite, peuvent apparaître les deux formes de la maladies qui sont :

– La forme atrophique qui représente plus des deux tiers des cas de l’affection. Il s’agit de la forme la moins grave. Elle laisse souvent persister une acuité visuelle de 2 à 3/10. A l’examen du fond de l’œil, on observe un amincissement très important de la rétine centrale. L’évolution de cette forme est lente.

– La forme exsudative représente environ un tiers des cas. A l’examen du fond de l’œil, elle se caractérise par l’existence d’hémorragies centrales. L’acuité visuelle est souvent limitée à 1/100 ou moins. L’évolution peut-être très rapide.

Prévalence

On considère qu’il y a en France environ un million quatre cent mille personnes atteintes de dégénérescence maculaire. Si les deux yeux sont atteints, ces personnes sont lourdement handicapées, ne pouvant plus lire, ne pouvant plus écrire. Il y a environ 10 % des personnes qui sont atteintes entre 60 et 70 ans et 25 % entre 70 et 80 ans.

L’âge est évidemment le premier facteur de risque, mais on trouve ensuite le tabagisme qui entraîne trois à quatre fois plus de dégénérescence. Il y aurait également un facteur génétique. Parmi les autres facteurs favorisants, on retiendra l’hypertension artérielle et l’exposition prolongée à la lumière, principalement aux âges moyens de la vie.

DMLA exudative

Diagnostic de l’affection

Le premier signe à apparaître est très souvent une déformation des objets que l’on remarque si on ferme un œil, les deux yeux n’étant pas atteints en même temps. Les lignes droites paraissent courbes, les lettres estompées, puis très rapidement sur l’œil atteint, l’acuité visuelle va baisser donnant en fin d’évolution un « scotum central », c’est-à-dire l’existence d’une tâche noire en plein centre du champ visuel.

La survenue d’une déformation des lignes (ou une déformation des lettres à la lecture) est un facteur d’urgence. Il faut alors immédiatement consulter son ophtalmologiste qui examinera le fond de l’œil où il pourra voir l’existence de « drusens », l’existence de zone d’atrophie, ou bien l’existence de zone œdémateuse ou hémorragique centrale. Un examen s’impose, à faire très rapidement, l’angiographie fluorescéinique : on injecte dans la veine du bras de la fluorescéine qui, après une dizaine de secondes, va parvenir au fond de l’œil.

On va alors prendre des clichés photographiques qui vont permettre de visualiser le passage de ce produit dans les vaisseaux rétiniens et montrer des anomalies si ces vaisseaux sont touchés avec des fuites de fluorescéine ou des fuites de sang, ou bien l’existence d’une zone atrophique centrale.

Dans le cas où il existe des fuites de colorants ou des hémorragies, on se trouve en présence d’une « dégénérescence maculaire humide ». Cet examen permet de prendre une décision quant au traitement à appliquer.

DMLA atrophiée

 

Le traitement

Lorsque, en examinant le fond d’œil d’une personne ayant dépassé la cinquantaine, on trouve des « drusens », il faut simplement renforcer la surveillance, prévenir la patiente qu’elle peut avoir un jour des troubles visuels, lui demander de venir alors consulter en urgence. Il n’y a aucun traitement particulier qui permet de lutter contre ces « drusens ».

Dans les formes atrophiques, nous n’avons aucun traitement médical qui ait montré son efficacité. L’évolution va se faire en général sur quelques mois. La zone d’atrophie va se limiter à la région maculaire laissant persister de 2 ou 3/10. Dès que la stabilisation sera obtenue, on pourra envisager un traitement par rééducation basse vision.

Dans les formes exsudatives ou humides, l’exsudation est due à l’existence de néovaisseaux. Le traitement va alors dépendre de la localisation de ces néovaisseaux. Si les néovaisseaux se trouvent un peu en dehors de la zone maculaire centrale, on fait appel au laser qui va détruire les néovaisseaux et la rétine qui est en regard. Il est impossible d’utiliser ce laser lorsque les néovaisseaux sont situés directement sous la macula.

Dans ce cas, il convient d’abord d’injecter un produit sensibilisant qui va se fixer électivement sur les parois des néovaisseaux. Il s’agit en l’occurrence de la Visudyne. Un rayon laser de faible intensité va alors détruire uniquement les cellules qui ont fixé la Visudyne et non pas les cellules visuelles qui ne la fixent pas. Ce traitement est en général satisfaisant lorsqu’il est appliqué précocément. Mais par la suite, les néovaisseaux peuvent repousser, il faut donc refaire des angiographies et des traitements par Visudyne associés au laser.

Nous avons dit que l’hypertension artérielle pouvait avoir un effet sur le développement d’une dégénérescence maculaire. Il faut donc évidemment très bien équilibrer sa tension. Dans certains cas, lorsqu’un œil a été atteint, par l’affection et que le deuxième commence à présenter des signes de « drusens », un traitement associant des antioxydants et des vitamines peut avoir un effet retardant sur l’atteinte du deuxième œil.

Vue d’une image par un sujet sain

Vue de la même image par un sujet atteint de DMLA

Rééducation fonctionnelle

Lorsque les poussées de dégénérescence sont stabilisées, lorsque l’affection a cicatrisé avec ou sans traitement, si l’acuité visuelle reste faible, on peut proposer au patient une rééducation dite rééducation de basse vision. Cette rééducation ne permettra en rien de gagner une acuité visuelle supplémentaire mais elle permettra de mieux utiliser l’acuité visuelle restante, ceci grâce à l’utilisation de systèmes grossissants : loupes, télé agrandisseurs, associées à des exercices d’orientation de l’axe visuel et à l’utilisation de lumières appropriées.

La dégénérescence maculaire représente un grave problème de santé publique par le nombre de personnes qu’elle atteint. Si vous remarquez une ondulation des droites ou des lignes, si vous observez à la lecture de lettres estompées, il faut immédiatement consulter son ophtalmologiste. Les traitements actuellement disponibles sont peu nombreux, mais appliqués tôt, ils peuvent permettre de conserver une certaine acuité visuelle.

(Professeur Bernard Arnaud Chef de service d’ophtalmologie, Centre Hospitalier Gui de Chauliac, Montpellier)

L’association

Les dégénérescences de la rétine touchent tous les âges de la population.

Elles peuvent évoluer rapidement et la cécité survient inexorablement. En France, 2 000 000 de personnes développent des dégénérescences rétiniennes et vont vers un handicap lourd.

Photo Steve Jurvetson CC BY

Près de 100 000 personnes, tous syndromes confondus, sont atteintes de rétinopathies pigmentaires, dont 20% perdent également l’ouie. La rétinite pigmentaire est l’affection génétique la plus fréquente des rétinopathies pigmentaires. Elle apparaît en général dans l’enfance ou l’adolescence et s’aggrave progressivement. Vers la quarantaine, la vie professionnelle est souvent interrompue pour cause d’invalidité.

La maladie évolue ensuite vers la cécité, handicap lourd à assumer pour les personnes atteintes et leur entourage. Socialement, la cécité se révèle très coûteuse. Pour toutes ces raisons, il est indispensable en aval de fédérer les patients, de les sortir de leur isolement et de travailler en amont en promouvant la recherche pour tenter de prévenir ou de traiter cette maladie, ce que fait notre association (qui soutient activement les malades et leurs familles).

 

Créée le 30 septembre 1986, L’Association S.O.S. Rétinite a généré en 1989 à Montpellier un Centre Européen de Recherche Pluridisciplinaire en Ophtalmologie : le C.E.I.R.D.R. (Centre Européen d’Information et de Recherche sur les Dégénérescences Rétiniennes)

Le C.E.I.R.D.R. (anciennement le C.E.I.R.P.) travaille sur les rétinopathies pigmentaires (R.P.), les dégénérescences maculaires liées à l’âge (D.M.L.A.). D’emblée, l’Association S.O.S. Rétinite et le C.E.I.R.D.R. se sont fixés pour objectif de lutter contre l’isolement des patients et de vaincre la cécité.

Ce centre associe sur Montpellier : le service d’Ophtalmologie du CHU, direction Professeur Bernard ARNAUD, Président du Comité Scientifique; l’INSERM U583, Docteur Christian HAMEL, Directeur de l’institut de Neurosciences de Montpellier et Attaché des Hôpitaux de Montpellier; et le Service de Biochimie Génétique du CHU, Professeur Mireille CLAUSTRES, responsable de laboratoire (CNRS).

 

 FINANCEMENT DE LA RECHERCHE :

Le C.E.I.R.D.R. travaille avec des équipes de chercheurs européens et des équipes internationales.

Dès 1991 l’association finance l’achat d’un séquenceur (99 000 €) auprès du Professeur Christian Hamel de l’INSERM et un robot (103 000 €) dans le service Mireille Clautres et immuno-génétique moléculaire.

L’Association achète également en 2005 le premier OCT 3, un appareil qui permet de voir la rétine en 3 dimensions et ses anomalies, offert à l’Hôpital Gui de Chauliac de Montpellier .

En 2011 une caméra rétinienne RTX1, d’un montant de 150 000 euros, est offerte au premier centre référencé de France en Ophtalmologie à Montpellier. L’association finance plusieurs bourses de recherche et un biologiste à plein temps, ainsi qu’un poste doctorant.

L’Association constitue également le lien entre les médecins et les patients de la France entière en les orientant vers les consultations spécifiques de grande qualité qu’elle a mise en place au CHU de Montpellier en collaboration avec le docteur Christian HAMEL. Elle est également sollicitée financièrement lorsqu’il s’agit d’intervenir pour faciliter les interventions directes auprès des patients.